Dernière journée (pour lire en ordre chronologique, commencer tout en bas)

Ma collection de photos de Grecs jouant avec leur komboloi va bon train. Le komboloi est une sorte de chapelet sans signification religieuse, que les hommes de tout âge égrènent bruyamment à longueur de journée. C'est très pittoresque. Jusqu'ici, un seul a refusé d'être photographié. Les autres ont été gentils et charmants.

Aujourd'hui, je n'ai pas pu faire grand-chose à cause de la pluie. En début d'après-midi, Vasilis m'a invitée à manger une bouchee avec sa nouvelle invitée, une Américaine. Cette dernière en avait des vertes et des pas mûres à raconter sur CouchSurfing. Sa pire expérience : un type à Venise qui s'est avéré un pervers sexuel, du genre à lui offrir de l'argent pour qu'elle fasse ses valises flambant nue. Mais dans l'ensemble, elle a fait de belles rencontres.

Je termine sur une anecdote comique. Hier, j'ai entrepris une randonnée le long de la falaise. À un certain moment, la faim a dirigé mes pas vers la route, en contrebas, ou j'avais espoir de trouver de quoi casser la croûte. Mais il n'y avait rien. Je me tenais là, découragée, me demandant de quel côté j'irais, quand un couple de touristes asiatiques est arrivé en mobylette. Présumant que je me tenais là pour admirer le paysage (il n'y avait strictement rien à admirer), ils ont arrêté, ont pris force photos, puis sont repartis. Méchants Kids Kodak. Je plains leurs amis qui seront conviés au diaporama. ;-)

Je poursuis ma route en Crête. À bientôt!

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Titre : Dites Opa! pour entrer
Titre : Gentil monsieur avec komboloi
   

RE: Dernière journée (pour lire en ordre chronologique, commencer tout en bas)

Quel est le nom de l'hotel à 20 euros
merci

@ 2008-08-19

RE: Dernière journée (pour lire en ordre chronologique, commencer tout en bas)

Salut, je prévois aller a santorini en février prochain et je vois que tu as trouvé des auberges pas cher... j'aimerais si c'est possible pour toi de me donner les coordonnées... Je suis la reine de la cheapitude... et ce que je trouve sur internet... c'est tout simplement hors de prix... merci
jeanne qs

@ 2008-07-28

4e journée

En me rendant à mon nouvel hôtel, j'ai dû traîner ma valise sur 500 mètres, dans des rues toutes pavées de galets. Ratatata-ratatata-ratatata! Méchant raffût!

Ma chambre, très mignonne, est dotée d'un petit balcon avec vue. Ma satisfaction a dû trop paraître sur mon visage, car l'aubergiste a soudainement doublé le tarif que Vasilis avait négocié pour moi. N'empêche, à 20 euros la nuit, ce n'était pas très cher. La madame était contente.

***

Santorin compte de nombreux petits ports en bas de falaise. Il est toujours possible de s'y rendre à pied, en se tapant 300-400 marches. Dans certains cas, on peut faire la descente ou la montée à dos de mulet. Je vous le recommande car là où ces bêtes circulent, la chaussée est très glissante, si vous voyez ce que je veux dire.

Attention aux mulets libre-service. Dans certains cas, vous payez le muletier, puis c'est à vous de convaincre votre quadrupède d'avancer. J'ai croisé plein d'infortunés cavaliers qui se demandaient s'ils allaient un jour arriver à destination. On dit bien "têtu comme une mule", non?

Rendue en bas, j'ai décidé de prendre un petit verre. Le menu du café proposait des cocktails au nom intéressant, comme Brain Hemorrhage, Striptease et Donald Duck. J'ai d'ailleurs commandé un Donald Duck. Mais est-ce bien ce qu'on m'a servi?

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Titre : Donald Duck?
Titre : Balcon de ma chambre
Titre : Moi à dos de mulet
     

3e journée

Personne ne s'étonnera, mais disons-le : il faisait très chaud au volcan et ça sentait le souffre. J'ai aperçu quelques fumerolles. Notre guide nous a raconté que son plus jeune fils est descendu (sans sa permission bien entendu) dans un des cratères et il en est revenu très malade, à cause de la chaleur et des gaz toxiques.

Toujours selon notre guide, c'est au large de Santorin qu'a eu lieu la plus grosse explosion volcanique de tous les temps, 1600 ans avant J-C. L'île abritait auparavant une brillante civilisation, si brillante en fait que tous les habitants ont fui à temps. Contrairement à Pompéi, on n'a pas retrouvé de gens ni d'objets précieux pétrifiés par la lave. L'explosion aurait entraîné un tsunami de 250 mètres, qui s'est rendu jusqu'en Afrique. À titre de comparaison, les vagues du récent tsunami en Thaïlande ont atteint 15 mètres.

J'ai donc visité l'île qui s'est formée quand la lave a refroidi. Sous la surface, il y aurait de la roche en fusion à 2000 degrés Celsius sur deux kilomètres de profondeur.

La dernière éruption a eu lieu en 1950. Mais elle était si petite que les habitants de Santorin l'ont regardée, tel un spectacle, depuis leur île en face. Certains sont même allés sur place pour prendre des photos.

***

Hébergement : D'abord, je tiens à corriger le tir. Il y avait des douches fermées et avec crochets, dans une autre partie de l'auberge. Je les ai trouvées seulement ce matin. L'aubergiste aurait pu m'en parler.

Quand je lui ai demandé mon passeport après m'être inscrite, il m'a dit qu'il le gardait dans le coffre-fort. Or, tout à l'heure, quand j'ai réglé la note, il l'a sorti DEVANT MOI d'une mallette-accordéon posée par terre, à côté de la réception. Quel sens de l'humour!

En plus, il m'a fait toute une histoire quand j'ai demandé un reçu. Comprenez bien, y a pas plus réglo que lui. Il les rédige en bonne et due forme, les reçus. Mais en série, juste avant de faire ses impôts, qu'il m'a expliqué. Ahhhhh!

Ce matin, je déménage à Fira, ville centrale de l'île. Par l'intermédiaire de Vasilis, j'ai réservé je ne sais trop où. En avant l'aventure!

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Titre : Sur l'île de Nea Kameni
Titre : Près du bateau pour aller à Nea Kameni
 

2e journée

Mes déplacements en quatre-roues : Même les plantes vertes ont un meilleur sens de l'orientation que moi, car elles s'orientent spontanément vers le sud, par tropisme. Cependant, je me suis débrouillée pas si mal. Bien sûr, il a fallu que Galatea vienne me chercher quand je suis arrivée dans son patelin. C'est fou, de ne pas nommer les rues. Ça devient positivement impossible de se repérer. Enfin, c'est ce que je prétends. Bon.

J'ai découvert pourquoi je rencontre des Québécois à la pelle. Je viens d'ailleurs de souper avec un juge de Québec et son épouse. Voici mon explication : étant seule, j'ai tout loisir d'écouter les gens parler autour de moi. Donc, je zoome vite sur les compatriotes.

Ça fait trois jours que ma serviette de douche est un mouchoir en chamois que j'ai acheté dans un Dollarama avant mon départ. Vasilis possède une seule serviette. Il me l'a offerte, mais ç'aurait été abuser de sa bonté. L'auberge n'en fournit pas (même de location), donc encore le mouchoir.

Aujourd'hui, je m'en suis servie pour m'éponger après la baignade aux sources chaudes. Mais comme elle n'avait pas eu le temps de sécher, elle était inutilisable quand j'ai voulu prendre ma douche à mon retour d'excursion. J'ai donc dû sacrifier une de mes chemises propres.

Dans le sac de plastique contenant mon linge fraîchement lavé, j'avais le choix des morceaux fripés. J'ai opté pour une chemise en lin lavable, qui était devenue une misérable boulette de tissu chiffonnée. Faut être débrouillarde en voyage!

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Titre : Village de Oia
Titre : Village de Oia
     

1re journée

J'ai rappelé Vasilis et il est venu me chercher illico. On s'est tout de suite bien entendu. Il vit à Athènes, mais bosse comme barman à Santorin l'été, dans un cinq étoiles. Il ne loge pas à l'hôtel, mais hors du centre-ville, dans un deux-pièces meublé, comprenant deux lits (je précise, pour ceux qui se demandaient).

Comme Vasilis travaillait à 18 h, il m'a offert un lift sur sa moto. Quand j'ai vu combien il était équipé (casque, lunettes, manteau de cuir à épaulettes), je me suis doutée qu'il n'était pas le style pépère au volant. Il n'avait pas de casque pour moi, mais quand il a un passager, il se limite à 80 km/h, m'a-t-il rassurée. Il faut noter que la majorité des motocyclistes ne portent pas de casque ici. J'ai dû passer pour une "locale".

Une fois au centre-ville, j'ai marché, marché, marché. Je me suis retrouvée sur une route de campagne, dénuée d'intersections et de commerces. J'étais deux villages plus loin quand j'ai pu remonter vers une rue commerciale. Au supermarché, j'ai tout bonnement demandé à la caissière si elle connaissait des Canadiens. Mais bien sûr : Galatea et aussi Tony. Elle avait même leurs numéros de téléphone. Demandez et vous recevrez!

Vasilis m'avait fourni une clé, mais je l'ai plutôt rejoint au boulot, pour rentrer avec lui, à 2 h du matin, après son quart de travail. Pour un Grec, il fait des mojitos absolument divins.

Le lendemain matin, j'avais deux objectifs : me rendre à mon auberge à une extrémité de l'île (avec ma valise) et rendre visite à Galatea, à l'autre extrémité. Ça faisait beaucoup de terrain à couvrir, près de 40 km. La solution : faire comme plein de touristes ici et louer un quatre-roues pour me déplacer. Toute la journée, j'ai semé la gaieté dans le coeur des gens.

J'étais tellement comique avec mon casque que le loueur m'a même donné un rabais de 2 euros quand j'ai rapporté le bolide. Il m'a dit que c'etait un "rabais pour journalistes" mais il était tellement hilare que j'en doute. C'était de bonne guerre. Le matin, quand il m'a demandé mon permis de conduire pour remplir le contrat, je lui ai tendu ma carte d'assurance maladie, l'air de rien. (Je n'avais pas emporté mon permis). Alors, c'est qui, le bouffi?

Je n'arrête pas de rencontrer des Québécois. Hier, je venais juste de dire aurevoir a un couple de Longueuil en croisière quand j'ai eu de la difficulté à redémarrer mon quatre-roues (je l'avais probablement noyé, dur à dire... ahem...) Un autre couple de Québécois (de Lachine, rien à voir avec le premier couple) est venu à ma rescousse.

***

L'auberge est super jolie, comme tout ici d'ailleurs, mais je suis dans un dortoir de 10 lits superposés. Évidemment, j'ai hérité d'un matelas du haut. Même si j'ai bien dormi, je déménage mes pénates demain. Ce matin, je n'avais pas le temps à cause d'une excursion à 10 h.

Vasilis --décidément mon sauveur-- m'a trouvé une chambre à 10 euros au centre-ville. Encore moins cher que mon auberge actuelle à 15 euros, qui inclut par contre trois tranches de pain en guise de déjeuner. Et on a daigné faire mon lavage pour 9 euros (on m'a remis le tout, pêle-mêle, plus ou moins sec, dans un sac de plastique).

Ce qui m'intéresse surtout, c'est d'avoir une salle de bain privée, ou minimalement, avec une porte. Sur la photo, vous voyez la douche, qui se trouve juste à coté des deux lavabos communs. Pas de porte, pas de crochet. L'horreur. Oui, j'ai mis des sandales dans la douche.

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Titre : Facteur glamour : 0
Titre : Vasilis et sa moto
Titre : Mon quatre-roues

Arrivée à Santorin

J'avais huit heures de ferry pour me rendre à Santorin. J'ai appris comment donner du pourboire aux serveurs grecs, qui fuient habituellement après avoir rendu la monnaie. Oui, en Europe, le pourboire est inclus dans l'addition, mais il est bien vu d'arrondir le montant. Quand le serveur farfouille ses poches pour rendre la monnaie, il faut annoncer tout de suite COMBIEN on veut qu'il nous remette. C'est la seule façon. Une fois que j'ai compris, j'ai souri en observant les pauvres néophytes, l'après-midi, qui tendaient des sous dans le vide, l'air débile, leur serveur ayant claqué les talons depuis longtemps.

Le bateau arrive donc au port de Santorin. Le moment est idéal pour vous apprendre que je n'avais pas de réservation pour ma première nuit. Mon plan : aller au couvent, comme je l'avais lu dans le Routard. Sauf que le guide ne donnait pas de numéro de téléphone, et je n'avais pas réussi à le trouver sur Internet.

En débarquant à Santorin, on est intimidés de deux manières. Premièrement, le port est au pied d'une falaise abrupte, qu'on monte par une route en lacets. Deuxièmement, il faut franchir les rangs des rabatteurs venus harponner les touristes en mal de logement.

Je les ai fuis en entrant dans un bureau d'information touristique. Grosse erreur. C'est le roi des rabatteurs qui y trône. Bien sûr que, selon lui, il faut oublier le couvent. Il me montre des super brochures. Je ne sais trop comment, on enclenche des négociations. Il passe plein de coups de fil (bidons?). On est rendus à 125 euros pour une chambre en valant supposément 150.

Voyant que je me lasse, il me demande mon prix. Je lui lance : 115 euros. Il me répond : Top là, et me fait une facture. Il veut 35 euros de dépôt. Monsieur le comique ne compte pas m'emmener à l'hôtel. Je dois prendre l'autobus (hein? où ça?), trouver l'endroit et payer le reste là-bas... Ça sent très mauvais.

Je me rappelle que j'ai le numéro de cellulaire d'un membre de CouchSurfing qui vit ici. Justement, il est chez lui. Il me dit de prendre un taxi et qu'il va m'héberger. Excellent. Avant de partir du Québec, je m'étais renseignée sur lui auprès de deux surfeuses. C'est un bon gars, il paraît.

OK, trouver un taxi maintenant. Il reste quelques rabatteurs et zéro taxi (il n'y a qu'une poignée de commerces au bas de la falaise). J'offre 10 euros à l'un d'eux pour qu'il m'emmène chez Vasilis, le gars de Couchsurfing. Un de ses potes fait mine de me caresser la joue, en me disant : « Tu aimes les hommes grecs, non? » Grrr!!!! Attendez que je sorte ma bombe de poivre de Cayenne!

Finalement, une femme me pousse plus ou moins dans un mini-bus, où se trouvent déjà six ou sept touristes à l'air découragé. Je l'entends mentionner au chauffeur le nom du village de Vasilis. Je demande à mes voisines, deux grosses Américaines : « N'avez-vous pas l'impression d'être du bétail? » Effectivement, ça décrit assez bien leur état d'esprit. Je me sens aussi comme une mie de pain entourée de mouettes voraces.

Il n'y a pas de noms de rues sur l'île. Quand le mini-bus m'abandonne dans le parking d'un commerce qui semble fermé, j'ai un petit rire nerveux. Oh-my-god. Quelle aventure! Et où est Vasilis?

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Titre : Viens ici, ma p'tite dame
Titre : Le mini-bus m'abandonne au milieu de nulle part
   

Départ pour Santorin

À mon hôtel d'Athènes, j'ai demandé à la réception combien de temps prenait le trajet en métro jusqu'au port. Réponse: environ 30 minutes. J'ai donc calculé qu'en partant à 6 h 45, j'étais sûre d'attraper mon ferry de 7 h 30 pour Santorin. Les habitués parmi vous sont probablement déjà en train de secouer la tête et de dire aïe! aïe!

Dès 6 h, premiers indices que mon raisonnement cloche. J'entends les portes se fermer, les valises rouler dans le corridor, comme si l'hôtel était en train de se vider (beaucoup de ferries partent tôt en matinée).

Quand je suis descendue à 6 h 40 pour régler la note, je suis tombée sur un réceptionniste octagénaire qui prenait tout son temps. "Où partez-vous mademoiselle? À Santorini? Ah! un endroit superbe, superbe!"

Je lui réponds : "Merveilleux, mais vous savez que mon ferry part à 7 h 30?"

Je lis l'incrédulité, puis la consternation dans son visage. Il secoue la tête, en répétant: "Vous êtes en retard! Vous êtes en retard!" En fait, il me regarde comme si j'étais vraiment la plus stupide, naïve et inexpérimentée des touristes au monde. Ça me rend furax parce que 1) c'est vrai; 2) ce n'est *vraiment* pas le temps de me faire la morale.

Se resaississant, il m'appelle un taxi. Un groom m'accompagne dehors. Lui aussi pense que mes chances sont 50-50. Gros stress.

En fin de compte, je suis arrivée a 7 h 20. Le chauffeur de taxi était tout fier de lui. On ne saura jamais si c'est par sentiment du devoir accompli (m'amener à temps) ou par satisfaction de m'avoir arraché 20 euros. ;-) Qu'importe.

Dernière arrivée, je crois bien avoir fait sensation en débarquant, les yeux exorbités, dans le salon de première classe. Mais oui, mesdames et messieurs, Miss Cheapo s'est payée le billet de luxe.

J'ai eu l'impression qu'on se disait : "Mais qui est cette jeune fille échevelée qui s'est manifestement trompée d'endroit?" Enfin, c'est peut-être juste dans ma tête...

Quoi qu'il en soit, j'ai opéré un discret make-over de ma personne. J'ai mis des talons, j'ai noué à ma taille un joli foulard à pois et suis allée me mettre du rouge dans le ladies' room. J'étais prête pour un petit safari-photo.

Sans vergogne, je suis allée photographier les gens en classe économique (la "plèbe") et en classe intermédiaire. Mais dès que je suis revenue dans ma section, on m'a priée de ranger mon appareil. Je suis retournée m'asseoir tranquillement. Mais j'ai pris des photos bootleg quand j'ai pu.

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Titre : Première classe
Titre : Classe économique